28 mai 2019 ~ 0 Commentaire

ÉNORA VILLARD : « GAGNER EN FRANCE, UNE SAVEUR PARTICULIÈRE »

Énora Villard a fait coup double le week-end dernier en Auvergne : elle a tenu son rang de tête de série n°1, et a remporté son premier titre international dans l’hexagone. Entretien avec la joueuse de l’équipe de France.

Propos recueillis par Jérôme Elhaïk

Sur sa victoire à l’open international des Volcans

« Je dois avouer que j’ai eu du mal à trouver le sommeil les derniers jours. Jeudi, il y avait l’influx nerveux après mon quart de finale très difficile contre Marina Stefanoni, et ensuite j’ai ressenti la pression, due à mon statut de tête de série n°1 et au fait de jouer en France. Mais la satisfaction est proportionnelle : mon premier titre je l’avais gagné à l’autre bout de la planète, même si j’avais pu le fêter avec Geoffrey Demont et Élise Romba qui étaient avec moi en Malaisie. Je pense que j’avais rarement joué un match en PSA devant autant de monde, et remporter ce titre ici a forcément une saveur particulière. Mention spéciale à la « dream team » présente à chacun de mes matches, à mon coach du week-end Zozo (Enzo Corigliano) pour son soutien sans faille. Ma maman était là, je suis contente de lui faire ce cadeau pour la fête des mères ! Je suis également satisfaite du jeu que j’ai produit et des sensations que j’ai eues sur le court tout au long du tournoi, et de voir que tout le travail effectué à l’entraînement paie. C’est une belle manière de clôturer la saison. On s’est échangées pas mal de messages avec les filles de l’équipe de France ces derniers jours, et ce serait super qu’on gagne toutes les trois un tournoi le même jour même si c’est à des niveaux différents : après Mélissa (Alves) au national des Déesses et moi à Clermont, il ne manque plus que Camille. »

Malheureusement, la numéro 1 française Camille Serme s’est lourdement inclinée en finale du British Open face à Nouran Gohar quelques minutes après cet entretien.

Compte-rendu Volcans 2019 Photo 4

Énora Villard a pu savourer son titre avec ses proches et le public Français (Crédits photo : Énora Villard & Sylvain Marquet) 

Sur la finale

« J’avais déjà joué une fois contre Ineta et je savais à quoi m’attendre. Elle est dangereuse au milieu du court, il fallait donc que je sois devant elle et que je puisse la fixer. J’ai vu qu’elle était strappée au pied. C’est peut-être pour ça qu’elle a semblé avoir un peu de mal à se déplacer. À la fin du match, elle a clairement montré qu’elle n’était pas satisfaite des décisions de l’arbitre, mais s’il y a eu beaucoup d’interférences c’est aussi parce qu’elle prend de la place en raison de sa taille (NDLR : la Lettone mesure 1m83). » 

Sur les semaines à venir 

« Place maintenant à un break bien mérité. Je vais couper avec le squash pendant quelques temps, ça sera l’occasion de pratiquer d’autres sports. Je participerai ensuite aux playoffs des Interclubs en France et en Italie, avant la reprise proprement dite. Personnellement j’aime bien cette période, aller sur la piste quand il fait beau ce n’est pas désagréable. Concernant les tournois, il n’y en a pas beaucoup dans le calendrier, je ferai peut-être un 6 000 $ en août en Russie. Ça m’étonnerait que mon classement soit suffisant pour rentrer dans le tableau à Nantes, mais il y a également le championnat d’Europe individuel et le 100 000 $ en Chine dans la même période, donc on verra quels choix feront les autres joueuses. Ce serait dommage de ne pas participer à ce superbe événement qui a lieu en France, mais il y a beaucoup d’autres tournois en septembre, par exemple un 30 000 $ à Hong Kong. »

cof_vivid

Énora Villard, ici en compagnie de son entraîneur Philippe Signoret, n’est pas totalement satisfaite de sa saison 2018-2019 (Crédit photo : Nathalie Chabot) 

Sur sa saison et sa vie de joueuse professionnelle

« Je ne peux pas dire que ça a été une très bonne saison pour moi, mais d’un autre côté on a travaillé sur beaucoup de choses nouvelles, donc c’est normal que ça prenne un peu de temps à porter ses fruits. Bien évidemment, les deux médailles obtenues avec l’équipe de France changent un peu la donne, et comme je le disais précédemment ça fait plaisir de finir une note positive. (Concernant sa vie sur le circuit, elle qui s’est lancée après avoir obtenu son diplôme à Sciences-Po). Paradoxalement, quand on est athlète de haut niveau il faut être totalement investie mais il y a aussi pas mal de temps libre qu’il faut occuper d’une manière ou d’une autre. Personnellement, j’ai toujours eu besoin d’avoir quelque chose à côté du squash. J’ai eu la chance de bénéficier d’un contrat d’insertion professionnelle, et le club de Créteil nous soutient également beaucoup. Si je n’avais pas ces aides, ce serait compliqué car on ne peut pas s’en sortir lorsqu’on est au-delà de la 50ème place mondiale sur le circuit féminin. Pour commencer à l’envisager, il faut participer aux tournois Platinum, et j’espère que ce sera mon cas bientôt … »

Sur son rôle de remplaçante en équipe de France

« Même si je ne joue pas beaucoup, je suis totalement intégrée et j’essaie d’apporter le maximum à l’équipe. C’est juste chiant (sic) sur le plan individuel de ne pas jouer plus, mais je ne discute pas le fait que Mélissa a montré qu’elle avait davantage sa place pour les matches importants. Ce qui est dommage, c’est que j’ai eu des matches faciles lors des deux derniers championnats, et que même si je les ai gagnés je n’ai pas donné assez de garanties à Philippe pour qu’il m’aligne plus souvent. On en a beaucoup discuté ensemble, il me connaît très bien mais ne veut justement pas que ce soit une raison pour être indulgent avec moi. J’espère jouer un rôle plus important à l’avenir, mais je suis également consciente qu’il y a de la concurrence et que d’autres filles peuvent intégrer l’équipe de France, par exemple Marie Stéphan. J’avais d’ailleurs remarqué que lors de son dernier tournoi, elle avait battu Ineta Mackevica puis perdu contre Marina Stefanoni, donc quelque part ça a été une source de motivation pour moi cette semaine. »

60117720_463919274149891_526448125884235776_n

Début mai, Énora Villard a remporté un titre historique de championnes d’Europe avec ses copines de l’équipe de France (Crédit photo : Énora Villard) 

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez-vous poster un commentaire.

Lesanciensstade |
Eric BEURTON WORLD RUNNER |
Usaaubenaschallengeloisir |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Foot loisirs ES Chaponost
| Footgolazo
| Sportbyemilie